Carvin pour vous
Le dimanche, c’est pour nous !
Par Jean-Marie Salembier
Militant communiste et syndical, Conseiller Municipal de Carvin
La loi est votée, mais la page n’est pas tournée…
Dans la nuit du 22 au 23 juillet, que la loi sur le travail dominical a été adoptée au Sénat par une infime majorité de 6 voix. Depuis 2008, c’est la quatrième mouture d’un projet de loi qui a fait débat, y compris dans les rangs de l’UMP. Les conditions de ce vote - procédure d’urgence, passage à la hussarde au parlement, pressions diverses sur les élus - sont tristement significatives d’une conception du débat démocratique, réduite à la portion congrue...
Ce texte est porteur de lourds reculs pour les salariés. Demain, par centaines de milliers, ceux-ci pourraient voir leurs conditions de travail encore détériorées et leur vie familiale déstructurée.
Ce texte reste dangereux pour les salariés :
> Il supprime la notion de socle commun à toute société : les jours travaillés et le dimanche pour permettre à la famille de se retrouver, de faire du sport, d’avoir des sorties culturelles, etc. et supprime la cohésion sociale.
> Il ouvre la porte à la généralisation du travail du dimanche dans d’autres secteurs, voir in fine à tous les secteurs d’activité.
> Dés lors, la notion de dimanche travaillé majoré n’existera plus. L’exemple de l’Italie est éloquent : avec la loi sur l’ouverture le dimanche, les nouvelles embauches dans le commerce se font avec des contrats de travail où le dimanche est considéré comme une journée normale obligatoire et non majorée.
> Il ne permettra pas d’embauches supplémentaires dans les grandes surfaces mais en supprimera dans les petites surfaces et petits commerces de proximité du fait de la concurrence.
> Contrairement à ce qui est dit, il va obliger les salariés à accepter de travailler le dimanche sous peine de réduction de prime, par exemple. D’ailleurs, aujourd’hui, des contrats à temps partiels sont signés pour obliger les salariés à travailler le dimanche afin d’avoir un salaire qui permet tout juste de vivre.
> Enfin le porte monnaie des salariés n’est pas extensible, c’est donc bien une volonté de répondre aux grandes surfaces pour s’accaparer des parts de marché en éliminant le commerce de proximité et en permettant une plus grande flexibilité des emplois.
Le seul vrai gagnant d’une telle mesure est une partie du patronat, pour qui, plus de flexibilité et plus de précarité pour les salariés riment avec plus de profits.
Même votée dans des conditions peu honorables, cette loi doit continuer à être combattue.
Ce qu’il faut, c’est de l’emploi, une sécurisation du parcours professionnel, l’augmentation générale des salaires, la sauvegarde et le développement des services publics, une politique industrielle respectueuse de l’environnement.
Ce sont autant de raisons pour nous tous, de poursuivre et d’amplifier la mobilisation dans l’unité la plus large pour combattre cette loi.