Partager l'article ! Centenaire de la naissance de Joseph LEGRAND: De la mine à l’Assemblée Nationale Joseph Legrand : une figure exemplaire du mouvemen ...
Joseph Legrand : une figure exemplaire du mouvement ouvrier
L’engagement politique précoce
Le jeune Joseph à 11 ans obtint le certificat d’études. Il travailla quelques temps dans le textile puis, pour
rapporter une plus grosse paie au foyer, voulut entrer à la mine. Mais la compagnie minière de Carvin refusa de l’embaucher parce que son père, militant de la « Libre Pensée » avait été enterré
civilement !
Joseph dut partir sur Lens où il devint mécano aux Mines de Lens.
À 19 ans, il adhère aux Jeunesses Communistes et devient vite le secrétaire de la section de Carvin. Il va y côtoyer très tôt un militant de la CGTU et du Parti Communiste particulièrement actif
et populaire chez les mineurs : Cyprien Quinet.
Responsable syndical unitaire
En 1935, Joseph Legrand devient responsable de la CGTU pour le secteur de Lens-Meurchin et conserve cette
responsabilité dans la CGT après la réunification de septembre 1935.
Il accompagne Cyprien Quinet dans ses tournées électorales. Celui-ci sera élu conseiller général en 1935 puis premier député communiste du Pas-de-Calais en 1936.
En 1939, licencié des mines de Lens, Joseph Legrand devient secrétaire de la CGT du Pas-de-Calais.
Prisonnier de guerre, évadé
Dès le début de la guerre, Joseph est mobilisé puis envoyé au front. Fait prisonnier à Nancy, il est repéré et
envoyé en commando à Bandebourg. En 1944 il s’évade et rejoint les troupes soviétiques.
En 1945, il est élu secrétaire du puissant syndicat CGT des mineurs du Pas-de-Calais, puis en 1946 secrétaire de la Fédération Nationale des Mineurs. Il jouera un rôle important lors des grandes
grèves de 1947 et 1948.
Dirigeant communiste
Partageant son temps entre ses activités syndicales et politiques, il fait le choix de se consacrer en priorité au
Parti Communiste et en février 1949, il succède à René Camphin au poste de premier secrétaire de la fédération communiste du Pas-de-Calais.
Puis il est élu au Comité Central du Parti Communiste.
En 1951 il reprend des responsabilités syndicales comme secrétaire de la CGT du Pas-de-Calais et membre du Conseil National de la CGT.
Puis il devient un membre influent de la direction de la fédération départementale du Parti Communiste, membre du Bureau fédéral de 1958 à 1973.
Elu coup sur coup député et conseiller général
En 1973, Joseph Legrand va pouvoir donner une nouvelle dimension à ses capacités jusqu’alors exprimées dans les
organisations syndicales et politiques.
Il est élu député de la 14ème circonscription (d’Hénin-Carvin) jusqu’alors détenue par les socialistes.
Bien que le Parti Communiste ait alors le vent en poupe (il obtient 31,26 % dans le Pas-de-Calais, et 6 députés) cette élection est néanmoins une surprise car Joseph Legrand gagne plus de 9 % au
premier tour sur 1968 et il est élu au second tour avec 58,9 %.
Il a rendu à Carvin le poste de député communiste conquis avant lui, 37 ans plus tôt, par son camarade Cyprien Quinet mort en déportation déchiqueté par les chiens des SS.
Député infatigable, tant à l’Assemblée où il fera preuve d’une remarquable compétence sur les problèmes sociaux, que dans sa circonscription, il sera réélu en mars 1978 avec cette fois 42,7 % de
voix au premier tour (+ 6,6 %) et 65,1 % au second.
Et il fera mieux encore en juin 1981, malgré un recul général du P.C.F.. Il obtiendra 71,6 % au second tour et restera le seul député communiste du Pas-de-Calais avec Jean-Jacques Barthe,
jusqu’en 1986.
En 1973, il sera également élu, en septembre, conseiller général du canton de Carvin.
Joseph Legrand était un élu exigeant dans le suivi des dossiers et impressionnant dans la rigueur de ses interventions.
Sa grande culture, acquise par l’expérience associée à un insatiable appétit de lecture, lui valut d’être particulièrement apprécié dans les services culturels départementaux.
Maire de Carvin
En 1977 la population de Carvin, qui depuis la libération votait majoritairement pour le P.C.F., mais n’avait connu
qu’un court instant un maire communiste (de 1945 à 1947) voulut à son tour profiter pour sa ville des qualités reconnues partout, à son député et conseiller général.
Rompant avec les alliances PS/droite, les Carvinois choisissent Joseph Legrand pour diriger la commune. Ils n’eurent pas à le regretter et apprécièrent en lui un élu d’une grande largesse de cœur
et d’esprit.
Réélu maire en 1983, Joseph Legrand décida de prendre enfin une retraite méritée et en 1985, il céda son siège à Odette Dauchet devenue elle aussi conseiller général du canton de
Carvin.
Une action déterminante pour Carvin
Son action et celle de son équipe municipale ont été d’une rare importance pour Carvin. Ils ont mené une politique
du logement équilibrée et dynamique. Ils ont créé les zones industrielles du Château et de la Fosse 14 pour développer l’économie et l’emploi dans la ville. Ils ont construit des écoles. Ils ont
créé le Centre Effel en transformant l’ancienne gendarmerie. Ils ont initié une politique culturelle facilitant les pratiques artistiques des Carvinois. Ils ont développé les services de la
jeunesse et d’aide aux personnes âgées. Ils ont développé la pratique sportive en créant des salles de sport.
En un mot, ils ont réveillé Carvin.
Fidèle à sa région et à son idéal
Cette succincte biographie de Joseph Legrand parle d’elle même de la richesse d’une
existence toute entière consacrée à la défense de ses semblables et restée fidèle à un idéal forgé dès l’enfance, affiné et enrichi par l’expérience.
Fidèle aussi à sa région, élevé dans les corons de Carvin, Joseph Legrand a fini sa vie à Carvin, « rue du Terril » dans le quartier de la fosse 4, le 25 novembre 1998.
Ceux qui l’ont le mieux connu gardent de lui le souvenir d’un militant pondéré, infatigable, rigoureux et d’une honnêteté exemplaire.
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