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Samedi 13 septembre 2008 6 13 /09 /Sep /2008 13:44

Education et soutien parental : péril en la demeure !

 

Le plan de cohésion sociale initié sous la présidence Chirac par le ministre Borloo en 2005 possède un important volet autour de « l’égalité des chances ».

Ce plan prévoit la mise en place locale de « programmes de réussite éducative » (PRE) à forte dimension éducative et sociale. Ce dispositif nouveau permet la mise en place d’un accompagnement individualisé des enfants et des familles en difficulté par la mise en réseau des différents acteurs éducatifs et sociaux entourant l’enfant. Le soutien apporté pourra ainsi prendre différentes formes : accompagnement scolaire, prise en charge des problèmes de santé, inscription à des activités de loisirs, aide matérielle… Un regard particulier sera porté aux parents pour que ceux-ci soient soutenus dans leur fonction parentale. Ce programme présente beaucoup d’avantages mais ne nous leurrons pas, il s’apparente fort au bel arbre qui cache le reste de la forêt… L’individualisation du soutien apporté par les PRE ne doit pas oublier que l’éducation est un enjeu majeur pour l’ensemble de la population.

 

Soutenir les enfants les plus en difficulté est une nécessité…

Mais il ne faut pas oublier que parallèlement à ce projet, notre gouvernement porte atteinte au système éducatif:

 

-    Réforme des programmes scolaires en primaire et diminution du nombre d’heures de classe (suppression de la classe le samedi). On se recentre sur les fondamentaux (lire, écrire, compter) et on oublie que l’école c’est aussi l’apprentissage du « vivre ensemble ». Le rythme de vie des enfants n’est pas pris en considération et l’on persiste à imposer aux enfants des grosses journées rallongées en plus par du soutien scolaire après la classe.

 

-    Suppression de postes d’enseignants (encore 13 500 en 2009 après les 11 500 de la rentrée prochaine !) et diminution du budget de l’éducation nationale pour répondre aux « objectifs de réduction des déficits publics » selon le ministre Darcos. L’éducation des enfants n’est-elle pas un investissement primordial pour l’avenir ? Ne doit-on pas plutôt favoriser un meilleur encadrement pour un meilleur suivi ?

 

Par ailleurs notre gouvernement est en train d’aggraver les conditions de vie des plus faibles et par conséquent les conditions d’éducation des enfants :

 

-    Remise en cause des 35h et « travailler plus ». alors qu’on veut soutenir la fonction parentale, on enlève du temps libres aux travailleurs, temps qu’ils auraient pu passer avec leurs enfants.

 

-    Déremboursements de soins médicaux et franchises médicales. Le droit à la santé est clairement menacé. De plus en plus de familles renoncent à se soigner pour des raisons financières.

 

-    Perte de pouvoir d’achat. L’augmentation des prix des denrées et de l’énergie rend la situation des familles en difficulté encore plus ardue. Le gouvernement refuse de prendre à bras le corps ce problème et préfère réserver ses efforts au bénéfice des plus riches. Le « paquet fiscal » permet au revenu des français les plus riches d’augmenter sept fois plus vite que la moyenne nationale. Par contre, les faibles revenus et les minimas sociaux ne progressent pas… Les familles se sacrifient au détriment du bien-être des enfants.

 

On le voit, les intentions du gouvernement et du président Sarkozy ne sont pas guidées par l’amélioration des conditions de vie des plus faibles. Ces mesures sont dramatiques pour l’éducation des enfants. Le programme de réussite éducative est une bonne chose, mais il ne doit pas masquer les carences de l’état dans bien des domaines, carences que le pouvoir en place tente à aggraver en creusant encore plus les inégalités sociales. L’accompagnement individuel ne doit pas occulter la nécessaire amélioration des conditions d’existence de tous.

 

A Carvin, le programme de réussite éducative dans l’impasse

 

Alors que de nombreuses villes voisines ont mis en place avec succès le dispositif de réussite éducative, Carvin semble à la traîne… La responsabilité des élus est totale ! Ceux-ci se réfugient derrière le soi-disant manque de coopération des partenaires locaux (éducation nationale, services sociaux…).Ils expriment même en conseil municipal un avis bien tranché sur la question, de la bouche même d’un conseiller municipal de la majorité : « Ce n’est pas évident quand on n’a pas des partenaires faciles ! ». Les partenaires en question apprécieront…

Alors pourquoi ces partenaires arrivent à travailler ailleurs mais pas à Carvin ? Tout simplement parce que le maire et son équipe ne laissent que très peu de marges de manœuvres aux partenaires alors que ce dispositif requiert une forte capacité de travail en équipe. Les conditions d’un travail dans le respect du secret professionnel et des cadres juridiques ne sont pas réunies. D’ailleurs, outre le fait que Carvin n’a jamais su garder un coordonnateur du dispositif, tous découragés par l’obstination des élus, le nom même de notre ville n’apparaît plus sur les listes préfectorales des villes ayant développé un PRE. Tant pis pour les enfants et les familles qui auraient pu en profiter…


Par Manuel TOURBEZ
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